Le sort des minorités sous le régime révolutionnaire (avec de notables précisions du père Ponchaud à propos des chrétiens).

Publié le par Sacha Sher

Extrait de la thèse de Sacha SHER, Le parcours politique des “Khmers rouges” : formation, édification, projet et pratiques, 1945-1978, janvier 2003.

I. Etouffer les cultures étrangères à la société nouvelle.

 

 

Au Cambodge, les accusations contre les minorités culturelles recoupaient les accusations économiques. Il faut sans doute y voir la marque d’une sorte de matérialisme marxiste-léniniste qui fait fi de la diversité sociale de chaque communauté pour aboutir à des généralisations classistes.

Des Sino-Khmers ou des Chinois du Cambodge ont été suspectés d’opposition pour leur rôle d’intermédiaires et de commerçants dans l’économie, qu’ils aient vécu dans les villes ou les campagnes. Ils étaient sans doute ceux qui pouvaient le moins s’intégrer à la société communiste. D’après Ben Kiernan, les « Chinois » périrent à 50%. Pourtant, selon des entretiens menés récemment, la plupart pensent qu’il n’y avait pas de politique de discrimination centrale à leur égard [1]. Des Occidentaux ayant visité des camps de réfugiés ont d’ailleurs pu s’étonner que des familles entières de Chinois eussent survécu parce qu’elles avaient servi d’intermédiaires dans le marché noir auquel s’étaient livrés certains membres de l’Angkar. Lorsqu’ils n’avaient pas été pris à partie pour leur couleur de peau, ils avaient encore « mieux résisté que les Khmers » [2] .

Les Vietnamiens, quand ils n’ont pas été expulsés, ont été inquiétés pour leurs origines urbaines, leur rôle d’élite économique (commerçants, artisans, alors qu’on comptait aussi parmi eux des pêcheurs, des ouvriers d’usines et de plantations d’hévéa), et parce qu’on les suspectaient d’être des suppôts ou des espions du Nord-Vietnam révisionniste qui risquaient de se retourner tôt ou tard contre le K.D., notamment en cas d’invasion du Vietnam.

La persécution des musulmans cambodgiens, de même que celle des catholiques, renvoie à la persécution, commune à bien des révolutions, des composantes minoritaires ou religieuses qui s’efforcent de perpétuer un enseignement ou une culture mis à mal par le pouvoir. Elle pourrait donner lieu à une tentative de comparaison avec le sort des Tibétains dans la deuxième moitié du XXe siècle, des musulmans du Xinjiang en Chine, des catholiques Vendéens sous la France Jacobine (encore que les dernières recherches remettent en cause la circonscription territoriale de la guerre dite de Vendée et l’inscrivent dans le cadre de « luttes politiques partisanes » et de conflits traditionnels entre l’Etat et une paysannerie qualifiée de rebelle [3]), et même, dans le cas de certains Chams engagés dans les troupes de Lon Nol, au sort des Hmongs du Laos, qui avaient été recrutés par l’adversaire pendant la guerre d’Indochine (la C.I.A. pour les Hmongs) [4]. La pratique du P.C.K. de répression politique sur le fond mais nationale par la forme, peut faire écho à la prédiction de Marx sur la « disparition », déjà entamée par la société capitaliste, des « différences nationales ». On connaît les admonestations de Friedrich Engels dans la Nouvelle Gazette Rhénane en 1848-1849 (Neue Rheinische Zeitung, dirigée par Marx) ou celles des deux penseurs dans leur correspondance à propos des diverses « peuplades » ou « déchets de nations » plus ou moins stupides et arriérées que « la marche de l’histoire » condamnait à disparaître (Slaves du Sud, Tchèques, Gallois, Bretons, Basques, Juifs de telles régions), en raison de leur attitude contre-révolutionnaire passée et présente. Toutefois, les futurs chefs du K.D. venus en France n’ont pas dû lire la traduction de la Nouvelle Gazette Rhénane éditée par les communistes de 1963 à 1971 [5].

 

 

Certains Khmers musulmans, appelés Khmers Cham en 1954, ou Khmers Islam, ont soutenu le FUNK entre 1970 et 1975, attirés par un discours égalitariste qui leur laissait présager une certaine promotion sociale. Selon Ben Kiernan, après 1975, la révolution catalogua l’ensemble des Chams comme des « petits-bourgeois ». Qu’en était-il donc sociologiquement ? Un économiste indiquait que la plupart étaient pêcheurs, transporteurs, commerçants, forestiers, et « surtout » marchand de bestiaux, leur religion ne leur interdisant pas l’abattage des animaux [6] . Kiernan indiquait lui, que la communauté Cham comptait aussi des ouvriers et des paysans, ce qui rendait l’étiquette de petit-bourgeois « prétendument sociale » [7]. L’assertion de Kiernan contient quelque vérité, à condition de préciser que pour les communistes, « petit-bourgeois » ne désigne pas forcément une classe, mais recouvre également une « nature (...) portée aux accommodements » une tendance opportuniste à « s’adapter » rapidement aux thèses de la bourgeoisie, à rester attaché à de vieilles habitudes de confort bourgeois, et à paniquer et à « pleurnicher » lorsque apparaissent les premières difficultés (Nous citons l’ouvrage de Staline assez bien connu par le P.C.K. Des principes du léninisme, où la pensée de Lénine est ici citée et commentée). Kiernan voit dans ce qu’il considère comme un habillage idéologique une manière de dissimuler une finalité raciste. Une analyse sociologique de la position des Chams indique cependant que les pêcheurs Chams se sont enrichis après 1970 à la faveur du départ des Vietnamiens qui leur ont laissé un véritable monopole –, qu’ils détenaient auparavant déjà un quasi-monopole dans la fabrication des objets en métal, qu’ils étaient souvent bouchers, et que quelques uns d’entre eux avaient été exploitants de bois, de soja, d’hévéa (à Sre Veal, province de Kompong Cham) ou de pierres précieuses (à Païlin), ce qui leur donnait dans l’ensemble une situation relativement plus élevée que les paysans cambodgiens [8]. Puisqu’on doit évaluer le degré de racisme supposé de l’Angkar, notons que Kiernan n’émet pas l’idée que les « Khmers rouges » auraient séparé, sur une base raciale, les descendants des navigateurs et commerçants Malais des Chams descendants des principautés du Champa, comme peuvent le faire les ethnologues – il existait certes des enfants métis, mais ils ne choisissaient que l’une ou l’autre des deux cultures parentales. En fait, les « Khmers Chams » durent attendre de débarquer dans les camps de réfugiés de Malaisie pour se voir infliger ces discriminations [9] .

Il est, dans le cas présent, plus éclairant d’intégrer dans le champ de la réflexion, les imbrications sociales et politiques de la guerre de 1970-1975 et les considérations du parti à l’égard de croyances et des rites religieux. Pendant le conflit, la communauté musulmane fut divisée. D’un premier côté, des Chams avaient participé au trafic à destination des troupes du FNL et du Nord-Vietnam, et avaient été courtisés par le FUNK par l’intermédiaire d’un certain Osman ; de plus, le Parti communiste compta parmi ses cadres un Cham formé pendant trente ans à Hanoï, Méprey Man. De l’autre côté, la République accorda davantage de liberté associative et de représentation politique aux Chams, et la communauté musulmane apporta à Lon Nol l’un de ses plus fervents partisans, le colonel Les Kasem (ou Les Kosem), devenu général et chef d’une Brigade d’Infanterie Spéciale composée exclusivement de Chams [10]. Lors de meetings organisés par les maquisards près de Kratié, des paysans exposaient devant l’assistance la manière dont ils avaient été pillés par le colonel Les Kasem et ses hommes khmers islam qui avaient cantonné des réfugiés dans des pagodes à Battambang [11]. Dès la fin de 1974, James Fenton avait entendu auprès de réfugiés au Sud-Viêt-Nam qu’un groupe de Khmers Blancs, surtout composé de Chams originaires du secteur 21, dont d’anciens chefs communistes, s’étaient réfugiés dans la forêt pour s’opposer à la fois à la collectivisation et au retour de Sihanouk. Les communistes cham ne cherchaient, eux, qu’à abolir les intermédiaires. En novembre ou décembre 1974, une rébellion Cham éclata au village de Trea dans le district de Krauchhmar. La plupart des manifestations violentes avaient pour credo la défense des pratiques religieuses [12].

Sous l’Angkar, cette répartition politique plutôt équilibrée fut compromise par le refus massif des musulmans d’abandonner leurs habitudes religieuses. Les enseignants ou les chefs religieux furent arrêtés et placés dans des camps, et les prières à Allah furent tournées en dérision par les révolutionnaires qui ne voyaient pas en quoi elles nourrissaient leur homme. Les tensions s’accrurent. Pin Yathay expliquait que les Chams vouaient une haine farouche au nouveau régime parce que leur communauté autour des Grands Lacs avait été disloquée [13]. Cette mesure avait d’ailleurs été envisagée par des esprits républicains a priori modérés, tel le recteur de l’université de Phnom Penh, Phung-Ton, qui avait souhaité en 1972, détruire par la dispersion les structures socio-religieuses de ce peuple guerrier que formait les Chams, et qui constituait un danger potentiel pour le gouvernement [14]. Cette politique fut mise en œuvre par le nouveau régime. Comme l’exprimait un télégramme de Chhon, cadre militaire de la zone Est, adressé à Pol Pot le 30 novembre 1975, les Chams devaient être envoyés au Nord-Ouest et au Nord, leur « déplacement » ayant pour objectif de « les disperser » et de « les séparer du long du fleuve Mékong, afin d’améliorer quelque peu l’atmosphère ». Le télégramme se demandait si les « vues » que Pol Pot avait sur la question étaient connues du secrétaire de la zone Nord Pok car à Preah Prasap et Steung Trang, les cadres refusaient d’accepter l’arrivée des musulmans [15]. Les raisons de cette dispersion semblent provenir de résistances locales au nouvel ordre. Des Chams de la province de Kompong Cham indiquent que ceux qui furent exécutés (ou peut-être emprisonnés?) étaient des chefs religieux ou d’anciens fonctionnaires du gouvernement qui priaient au lieu d’aller aux réunions ou organisaient des pétitions [16] . Michael Vickery rapportait que les Chams du Nord-Ouest et du Nord n’avaient pas été l’objet d’une attention particulière des autorités, alors que les Chams de l’Est avaient été victimes de massacres en raison de la présence possible d’une bourgeoisie Cham dans la région, et du fait qu’un colonel Cham républicain célèbre pour sa cruauté à la tête d’un bataillon Cham, y avait massacré des villageois [17] . 

Il apparaît donc que la majorité des Chams ne fut pas pourchassée par le régime, et que les victimes ne le furent sous le faux prétexte à dissimulation raciste d’être des « petits-bourgeois ». D’ailleurs, en dehors de son introduction et de sa conclusion, Ben Kiernan rapporte un certain nombre d’éléments indiquant que les Chams étaient victimes d’une répression de classe, en tant qu’ « ennemis de classe », « capitalistes » parce qu’ils ne se défaisaient pas « des us et coutumes du système féodal » et refusaient la vie en « coopérative » communiste. Selon le frère de l’ambassadeur du K.D. en Chine, le point de vue du P.C.K. était d’abord de disperser la résistance Cham menée par des « gros propriétaires cham » en disloquant leur communauté. Kiernan cite encore un document de 1973, Analyse des classes et luttes des classes, qui posait la question Cham en terme de classe : il n’y avait en effet pas chez eux d’ouvriers, contrairement aux autres groupes ethniques qui constituaient les « Kampuchéens ». Kiernan voit dans cette simplification de classe une visée raciste. Il cite pourtant Heng Samrin disant de Pol Pot qu’il souhaitait contraindre les Chams à obéir aux ordres « exactement comme des Khmers normaux » [18].

Il semble bien que cela soit la répression égalisatrice qui obligea parfois les Chams à « toucher de la viande de porc » [19], ou à inclure l’absorption du porc dans leur régime alimentaire - bien que les cadres et soldats du P.C.K. aient été généralement les seuls à se nourrir de viande - [20] , ou encore à élever des porcs près des mosquées. Ces dernières étaient parfois transformées en étables ou en porcheries [21], comme l’étaient certains temples bouddhiques. D’autres fois, pourtant, comme le cite Kiernan, à l’occasion d’une fête, on faisait abattre des bœufs spécialement pour eux [22] . La réalité est donc complexe, mais ce que les communistes cherchaient en général à faire était de détruire psychologiquement une population au mode de pensée « féodal » voire rebelle, et de la faire vivre « comme tout le monde » (comme le cite Kiernan à plusieurs reprises), et non de la « khmériser » (terme de Kiernan absent des discours). L’appartenance à la communauté nationale était reconnue à toute minorité si elle rompait avec le passé et adoptait une conscience de classe laborieuse.

Selon les récentes estimations de Ben Kiernan 36% des quelques 250 000 Chams furent tués, mais les estimations de la population de départ varient, et il doit être tenu compte du départ de plusieurs milliers de Chams en Malaisie au début des années quatre-vingt (plus un millier aux Etats-Unis et 300 en France) [23].

 

 

Les catholiques, majoritairement Khmers après l’expulsion des Vietnamiens, mais ne regroupant que 5 000 croyants, auraient péri dans des proportions supérieures aux Chams : 41,7 % (Marek Sliwinski retranchait au taux de mortalité donné par Espace-Cambodge, 48, 6% , les 6,9% de mortalité considérée comme naturelle sur la période) [24]. Dans Cambodge année zéro, le père Ponchaud indiquait que la majorité des 5 000 catholiques habitaient les villes et étaient fonctionnaires ou officiers. Il citait un témoin qui affirmait que « si les Khmers rouges savent que telle personne est chrétienne, ils l’emmènent pour la tuer, l’accusant de faire partie de la CIA ». Dans La cathédrale de la rizière, Ponchaud confirmait qu’on les accusait d’appartenir à la C.I.A., aux services vietnamiens ou d’être « entrés dans la religion des Vietnamiens », bien que certains fussent catholiques depuis plusieurs générations. Mais récemment, il nous a précisé que les chrétiens furent avant tout exécutés ou morts de misère parce qu’ils étaient citadins, éduqués, et Vietnamiens. Dans les campagnes, certains furent rassemblés, déportés, et les célibataires envoyés vers Battambang, tandis que d’autres, d’abord accusés d’être Vietnamiens, purent rester dans leur village et ne furent pas même inquiétés en 1978 :

"IL N’Y A PAS EU, à ma connaissance, DE PERSECUTION contre les chrétiens: tous les prêtres et évêques, religieux et religieuses sont morts exécutés ou de misère, parce que c’étaient des gens éduqués, de la ville, des Vietnamiens, mais non pour des raisons religieuses. A Phnom Penh et Battambang, on peut dire sans exagération que la quasi totalité des chrétiens sont morts, comme la majorité des gens de ces deux villes, surtout assassinés en 1978, au moment où l’Angkar voulait tuer tout le peuple du 17 avril. Par contre, dans les campagnes, les chrétiens n’ont pas plus souffert que l’ensemble du peuple: à Chomnom, un jeune couple a été massacré, sur un ensemble de 80 foyers, à Krauchmar, quelques jeunes ont été exécutés, sur une centaine de personnes, à Moat Krasas, quelques-uns ont été tués, d’autres ont été reconnus comme chrétiens, en 1978. 0n les accusait d’être Vietnamiens... Dans la mesure où ils étaient capables de réciter leurs prières en khmer, ils n’ont pas été inquiétés. Dans la région de Kompong Thom, la proportion de chrétiens assassinés est plus grande, mais je mettrais cela sur d’autres raisons, notamment leur résistance armée au communisme, du temps des Vietminh, des Issarak, des Khmers rouges. Ce ne sont pas des motifs religieux. D’autre part, c’est l’armée de Lon Nol qui a détruit la majorité des églises, les soupçonnant d’être autant de repaires viêtcôngs. Hun Sen a fini la destruction en 1990. Les Khmers rouges ont détruit la cathédrale de Phnom Penh: il faut y reconnaître un signe de santé. En premier lieu, c’était un signe de la présence vietnamienne (durant le protectorat, l’Eglise du Cambodge avait pris un visage vietnamien accentué). Deuxièmement, c’était une insulte à la fierté cambodgienne : dressée en face du Phnom, haut lieu spirituel de la ville. Troisièmement, c’était un chef d’œuvre de mauvais goût. En 1965, mes confrères plus anciens m’avaient dit: "Quand un gouvernement  nationaliste dirigera le pays, il détruira la cathédrale.." Prémonitoire!" [d’autres historiens ont relevé le même désir des Khmers de se détacher de l’influence française entourant cette cathédrale, dirigée par un évêque français et appartenant à un diocèse français] [25].

Michael Vickery avait déjà relevé dans Cambodia 1975-1982 que les chrétiens qu’il avait rencontrés ne pensaient pas avoir été traités différemment des autres par les révolutionnaires. Il pense toutefois que le clergé catholique a plus souffert que les protestants.

 



[1] Présentation par le Documentation Center of Cambodia de Democratic Kampuchea’s Human rights violations against the Chinese : 1975-1979, par Chan Sambath, 100 p.

[2] M.-A. Martin, « La politique alimentaire ... », Etudes Rurales, juillet-déc. 1985, n°99-100, p.360 et Le mal..., p.188.

[3] Jean-Clément Martin, « A propos du « génocide vendéen », du recours à la légitimité de l’historien », Sociétés contemporaines n°39, 2000, l’Harmattan, p.32.

[4] Sur les Hmong (ou Meo) Laos, G. Condominas et R. Pottier, Les réfugiés originaires de l’Asie du Sud-Est, pp.41, 168. Noam Chomsky, After the cataclysm, op. cit., chap. 5. 

[5] Voir Miklos Molnar, Marx, Engels et la politique internationale, Gallimard, 1975, chap. « Les peuples non historiques », pp.72-84. La Nouvelle Gazette Rhénane, 3 t. Editions sociales, 1969. Steve Heder, Class, Nation and Race in Communist crimes against Humanity, theoretical and Historical Reflections on Marxist racism and violence, 2000, p. 13, citant Ephraim Nimni, Marxism and Nationalism : Theoretical Origins of a Political Crisis, London, Pluto, 1991, pp.24-25.

[6] Rémy Prud’homme, L’économie du Cambodge, op. cit., 1969, p.49.

[7] Ben Kiernan « Genocide au Cambodge », numéro spécial de l’Histoire sur « Le siècle communiste », n°223, juillet-août 1998, p.91. « Sur la notion de génocide », le débat, n°104, mars-avril 1999, p.180.

[8] Sith Ly, Introduction à l’histoire des Cam du Cambodge, mémoire de DEA, EHESS, 1985-1986, pp.27-29.

[9] Po Dharma, « Notes sur les Cam du Cambodge », Seksa khmer n°1-2, décembre 1980, pp.161-183.

[10] Po Dharma, « Notes sur les Cam du Cambodge », Seksa khmer n°1-2, décembre 1980, pp.177-180. Sith Ly, Introduction à l’histoire des Cam du Cambodge, pp.25-26. Kiernan, How Pol Pot ..., p.341 et Vickery, Cambodia ... pp.11, 182.

[11] François Debré, op. cit., p.175.

[12] Washington Post du 24 novembre 1974 cité par Kiernan in Khmers rouges !, p.234, How Pol Pot ..., p.387. Une étude du Documentation Center of Cambodia intitulée Chams in Krauch Chhmar par Ysa Osman est en cours. Des Chams de France datent les premières protestations de mai 1972 à Kompong Trea, dans la province de Kratié après que des « Khmers rouges » aient pris des mesures contre la religion et arrêté des Hakems et des Imams. Un cycle de violence des deux côtés s’ensuivit. La date est-elle correcte ? Peut-être s’agit-il du même Trea près de Krouchmaar ou éclata la rébellion de la fin de l’année 1974 (Le martyre des musulmans du Cambodge, édité par l’Association des Etudiants Musulmans du Cambodge en France, 2 novembre 1977, p.9). Une révolte cham à 8 km de Tuol Proh est signalée dans Forest & Corrèze, Cambodge à deux voix, p.172.

[13] Le martyre des musulmans du Cambodge, édité par l’Association des Etudiants Musulmans du Cambodge en France, 2 novembre 1977, pp.13-17. L’utopie meurtrière, p.232.

[14] Sith Ly entendit lui-même ces paroles de Phung Ton, Introduction à l’histoire des Cam …, p.33.

[15] Steve Heder, Documentary evidence linking surviving senior and other leaders of the communist party of Kampuchea to crimes against humanity in Cambodia, 1975-1979 , op.cit. may 1999, p.66, 110.

[16] Chronique d’amnesty Internationl section française, n°33, nov. 1978, p.9 citant Fate of Muslims in Kampuchea par Dato Ahmad Nordin, dans Islamic Herald, vol.3, N°56/7, oct./nov. 1977, pp.8-14.

[17] Michael Vickery, Cambodia 1975-1982, pp.11, 182.

[18] Ben Kiernan, Le génocide au Cambodge, op.cit., p.315, 324, 334, 323. L’expression « gros propriétaires cham » est citée p.645, note 103.

[19] Le martyre des musulmans du Cambodge, édité par l’Association des Etudiants Musulmans du Cambodge en France, 2 novembre 1977, p.10.

[20] « Testimonies », in Kiernan & Boua, Peasants and Politics…, p.333. Pour une indication de la sécurité qu’ont été « balayés-nettoyés » des leaders d’un mouvement de « nationaux Cham » qui protestaient contre le régime alimentaire donné dans les cantines communales, au nom de leur religion, et en se référant à la constitution (autorisant le droit d’avoir une religion), rapport du 21 mai 1977 d’un Comité du secteur 5 (Heder, Documentary evidence...). Entretien avec Chuth Khay, 12 mars 2002, au sujet des Chams de Damber (les chams qu mangeaient du porc étaient restés dans son village – Phum Thnal).

[21] F. Ponchaud, op. cit., rééd., p.169. M.-A. Martin, Le mal..., p.178. Sihanouk, Prisonnier ..., pp.22 et.60.

[22] Ben Kiernan, Le génocide au Cambodge, 1998, p.645, note 103 (entretien avec Peh Bun Tong, qui vivait à Sopheas, district de Stung Trang, secteur 42).

[23] Marie-Alexandrine Martin évaluait le nombre total de musulmans Khmers et Malais à 70 000, op. cit., pp.18, 188, 193. Migozzi en 1973, à 150 000 (op. cit., pp.41-42) .Jean Delvert en 1961 à 200 000 (tel qu’il peut être déduit de la page 305 de la paysan cambodgien, 1961).

[24] Le génocide khmer rouge, une analyse démographique, l’Harmattan, 1995, p.74.

[25] François Ponchaud, Cambodge année zéro, réédition 1998, p.171, La cathédrale de la rizière, 450 ans d’histoire de l’Eglise au Cambodge, Fayard, 1990, pp. 165, 176-180. Communication personnelle du père Ponchaud, 3 décembre 2000. Miltone Osborne, Before Kampuchea, pp.70, 157. Vickery avait écrit en 1980 que la destruction de la cathédrale aurait plu à d’autres qu’à des fanatiques communistes. Il mentionnait aussi le cas d’un chrétien évangéliste, enseignant, qui, au Nord-Ouest, dans le secteur 3, près de Takrei, dans le village de Kauk Khmum dirigé par un ancien achar, n’avait jamais eu sa vie inquiétée, bien que l’on eut connu sa vie (Cambodia 1975-1982, pp.112, 181).

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