Introduction du "Kampuchéa des "Khmers rouges"..."" (4) (pp.30-36)

Publié le par Sacha Sher

Dans un premier temps, des historiens ont retenu dans le processus de maturation des positions révolutionnaires du P.C. du Kampuchéa, l’importance de la filiation maoïste, avec, au sein des hauts cadres, une tendance pro-vietnamienne rapidement écartée, dont certains représentants occupent encore des fonctions élevées dans l’organigramme de l’Etat. Puis, les recherches ont révélé que l’influence de la « Révolution Culturelle » avait été très négligeable par rapport à l’influence du « Grand Bond en Avant », que tous les membres du Comité Permanent du Comité Central du P.C.K. avaient été formés plus ou moins longuement à l’école Vietminh, et que certains dissidents promus in fine par les Vietnamiens les avaient farouchement combattus jusqu’en 1978, avant de se résigner à accepter leur aide pour assurer leur propre protection. L’originalité des dirigeants du P.C.K. pourrait bien provenir en partie de ce qu’ils ne passèrent pas, à l’inverse de Deng Xiaoping et d’Hô Chi Minh, par les universités de Moscou. Quant au passage de bon nombre de dirigeants en France, il n’a été, jusqu’à présent, que survolé, alors que l’héritage français est suffisamment pris en compte quand il est question d’Hô, de Deng, de Chou Enlai ou de Jiang Zemin.

Or, si ces Cambodgiens n’ont pas été formés politiquement dans les universités françaises, le bagage théorique qu’ils emportèrent de France ne s’est pas perdu au milieu des slogans et des techniques de combat et d’embrigadement « vietminh » et maoïstes. Il a, au contraire, contribué à les faire accepter. Mais après qu’ils furent de retour au pays natal où ils devinrent presque tous professeurs, leurs activités et leur visée communiste furent noyées dans le secret de la clandestinité, ou diluées dans une langue de bois tendue vers une politique frontiste, et il n’est, de ce fait, pas aisé d’exhumer les sources intellectuelles ou pratiques plus ou moins lointaines des orientations politiques, économiques et idéologiques du régime du Kampuchéa Démocratique ou de démêler tous les fils d’une politique qui peut s’inspirer de celle de divers pays et peut réunir des contributions variées. Reconstituer les seules racines intellectuelles est d’autant plus ardu que les dirigeants les ont occultées au pouvoir en se réclamant d’un socialisme sans modèle et indépendant. Dans la mesure, par ailleurs, où il n’est pas de traces de rapports personnels effectués au Comité Central ou à son Comité Permanent, et où il ne subsiste que des résumés de ces discussions effectués par le secrétaire général du Parti, la paternité de telle ou telle mesure est quasi impossible à cerner. Si les grandes lignes ont pu être ébauchées collectivement il est cependant possible que certains responsables, tels Pol Pot et Nuon Chea, se soient dégagés à la tête du Comité Permanent. La réflexion sur les facteurs qui ont déterminé la politique du P.C.K. débute à peine et nécessite, par conséquent, d’étudier le contexte historique qui a modelé les figures dirigeantes du mouvement révolutionnaire, mais aussi le sens que ceux-ci ont donné à leur engagement puis à leur politique, à la lumière de leur formation, de leurs déclarations, de leurs plans, de certains slogans mobilisateurs [i] , des méthodes de contrôle et de « construction » des individus, des modalités du recrutement à l’intérieur du Parti, de la construction de la figure de l’ennemi, et enfin des conditions dans lesquelles leur programme fut appliqué.

Il nous paraît utile, en introduction, d’alerter le lecteur sur certains présupposés concernant l’itinéraire ou le profil général des futurs cadres ou dirigeants du K.D. : ils n’ont pas été formés par les communistes français dans la perspective de devenir d’importants responsables. Ils n’étaient pas à la botte de la Chine populaire. Les membres du Comité Permanent du Comité Central du P.C. du Kampuchéa n’étaient pas démangés à l’idée de décimer leur peuple au nom d’un supposé racisme de classe. L’état d’esprit des décideurs ne peut se ramener à une volonté « autogénocidaire » (Lacouture ). Quant aux cadres et aux soldats, il n’est pas indifférent d’étudier la façon dont ils furent recrutés,disciplinés, modelés idéologiquement, encouragés à extraire de la richesse à destination de l’Etat et à réprimer toute activité allant à l’encontre de l’ordre nouveau, ni de constater qu’ils étaientparfois sanctionnés pour leurs excès d’autoritarisme.

L’hypothèse du nationalisme exacerbé et agressif néglige la croyance profonde des révolutionnaires en un anticolonialisme internationaliste tempéré, d’une part, par une volonté d’indépendance à l’égard de tout néocolonialisme économique, et d’autre part par les amères leçons qu’ils tirèrent des manœuvres des étrangers sur leur territoire. Il ressort clairement de leurs déclarations et de maints articles de l’organe interne du Parti que leur position était d’assurer avec détermination la défense du territoire et du pouvoir d’Etat contre des attaques dirigées par des adversaires réactionnaires ou « révisionnistes ».

Quant aux allégations vietnamiennes sur un maoïsme badigeonné de brun, reprises par Jean Lacouture et dans une moindre mesure par Ben Kiernan, elles proviennent d’une étude partialedu parcours idéologique et des projets des dirigeants, afin de les exclure d’un mouvement socialiste jugé plus orthodoxe pour lequel une certaine sympathie pourrait être conservée. Ben Kiernan, quiest désormais Directeur d’un Programme d’Etudes de Génocide à l’université de Yale à New Haven dans le Connecticut, insiste, dans ses derniers écrits, sur le racisme idéologique des « Khmersrouges » jusqu’à prétendre sans fondement l’existence, sous leur régime, d’une catégorie de « sous-hommes ». Or, si les Sino-Khmers, les Vieto-Khmers, ou certaines minorités religieuses commeles Chams musulmans ou les catholiques furent souvent plus touchés par la mort que les autres Cambodgiens, ce qui n’est pas le cas des minorités nationales périphériques du Nord-Est, les raisons ensont à chercher d’abord dans les positions sociales que ces groupes occupaient avant 1975, ou dans la résistance qu’ils opposèrent au régime, même si l’on ne peut exclure que certains préjugésnationalistes mêlés à des considérations politiques, économiques, ou militaires, aient pu joué comme au Vietnam en 1977-1978 à l’égard des « Chinois ».

D’autres hypothèses reposent sur des on-dit ou des citations tronquées : celles par exemple de l’obsession d’un retour à un « khmer originel » ou aux temps d’Angkor, cet « empire » qui prospéra du IXe au XVe siècle. On tenta encore de couvrir les « Khmers rouges » d’une camisole psychiatrique (Lacouture ), ou d’une cape antique de chefs de secte politique prompts à couper les ponts avec l’extérieur et à fairedisparaître les marchés (Karl D. Jackson). Bon nombre de ces explications ont pour point commun, d’une part, de ne pas s’aventurer dans les méandres des raisons qui ont pu porter ces rebelles lettrésà défendre une révolution rapide et indépendante, et d’autre part, de ne pas reconnaître que « Pol Pot a été produit par notre monde politique, il en fait partie, il l’utilise et y trouve saforce » [ii] . Il suffit pourtant d’examiner les matériaux accumulés pour s’apercevoir que la courterévolution kampuchéenne est moins absurde qu’il n’y paraît. Surtout si l’on prend en compte les présupposés anthropologiques et les lectures des révolutionnaires (relisons Lénine , Staline , Mao , Jean-Jacques Rousseau ), et si l’on saisit les opportunités autant que les circonstances malheureuses qui accélérèrent leurvictoire.

Procédant d’une réflexion comparatiste, Michael Vickery expliquait la dérive de la révolutionkampuchéenne par le fait qu’elle était, en définitive, une révolte paysanne prise en main par des gauchistes épris de romantisme paysan. Cette explication rend effectivement compte de la propagandedu P.C.K. qui inscrivait la révolution dans un mouvement porté par des masses ayant « acquis une conscience de classe à travers la colère de classe ». Et Pol Pot d’ajouter : « Le Parti a vu leconflit de classe et vu que les masses essayaient de résoudre le conflit de classe par elles-mêmes. Notre rôle était simplement de préserver leur union, et de les empêcher de partir dans des voiesséparées » [iii]. Soulignonstoutefois que si les paysans pauvres avaient quelques raisons de nourrir de la rancune vis-à-vis des riches, ils furent largement incités à prendre les armes à la suite des appels de Sihanouk et desbombardements américains approximatifs de 1969-1973 sur les sanctuaires du Front National de Libération sud-vietnamien et de leurs homologues du Front d’Union Nationale du Kampuchéa, qui permirentaux révolutionnaires d’appliquer à plein la théorie léniniste de la transformation d’une guerre impérialiste en guerre civile [iv]. Mais si les paysans ont pu, au départ, profiter de la révolution, ils déchantèrent à terme, notamment lorsqu’on les obligea à partager la nourriture avec les citadins. Par ailleurs, on ne saurait considérer que les cadres développèrent chez eux la capacité à se prendre en charge indépendamment du nouveau pouvoir, ce qui consacra l’échec d’un véritable changement social.

Bon nombre d’explications évitent de considérer qu’ont pu être erronées non seulement certaines conceptions de départ dont les chefs du P.C.K. n’avaient pas l’exclusivité, mais aussi et peut-être davantage, les applications variables de telles conceptions, qui eurent à leur tour des incidences sur la politique de la direction. En effet, le recoupement ne serait-ce que des documents internes du Parti ou de l’appareil militaire indique que les massacres perpétrés en bas ont débordé et amplifié les crimes planifiés dans un premier temps d’en haut [v]. Les méthodes de contrôle ou de répression variaient en fonction des périodes, de la psychologie des cadres, et du degré de prise en main et de contrôle des échelons locaux par le pouvoir central. Les instructions et les slogans de l’Etat-Major et du Comité Permanent du Parti concernant le contrôle de la population, étaient en partie inspirés par les expériences policières pratiquées par certains Partis camarades, et aussi par la bonne vieille peur de perdre le pouvoir dans une période de crise prodigue en troubles. Mais finalement, en dehors des moments de crimes paroxystiques qui ont marqué, d’une part, la consolidation du pouvoir durant les premières semaines qui ont suivi la guerre, et d’autre part, la reprise en main suivie de représailles de la zone Est, après la débâcle militaire du début de l’année 1978 face au Vietnam, les éliminations en chaîne ont d’abord touché les membres du Parti.

Quant aux privations, qui allèrent généralement en s’empirant jusqu’en 1978, leurs origines sont multiples :

1) L’étatisation de l’économie, la centralisation de toutes les décisions et la concentration des unités de production altérèrent chez les décideurs la perception de la réalité du terrain, freinèrent les échanges entre zones, engendrèrent l’incurie, et la fixation initialement arbitraire des prévisions de récolte. Le plan, qui réclamait la livraison de 30 à 50 % des récoltes sur une base de rendement de trois tonnes de paddy par hectare, était, dans un premier temps, donné comme infaillible. Il fut obéi aveuglément, en dépit des réalités locales contrastées, par des responsables de coopératives voulant se faire bien considérer ou éviter d’être purgés.

Il arrivait que des chefs de coopérative moins timorés et plus prévoyants profitent de la saison sèche pour accorder du repos aux travailleurs [vi], falsifient les statistiques de la production afin de garder de quoi les nourrir en suffisance –comme le même plan l’exigeait [vii] –, produisent en cachette du riz au milieu des champs de maïs et de pommes de terre « à l’insu de l’Angkar » afin d’assurer l’approvisionnement de la population [viii], autorisent les gens affamés à se déplacer librement malgré le règlement [ix] . A l’inverse, des cadres faisaient passer dans les statistiques de « grains » consommés chaque jour les feuilles et les racines qu’ils incorporaient dans la soupe [x] . Il est difficile de mesurer à quel point la pression de la base a pu freiner les livraisons à l’Etat. Les paysans eurent peut-être moins de raisons subjectives de protester qu’en U.R.S.S. au moment de la collectivisation, puisque leurs enfants étaient pris en charge par la collectivité. Cependant, assez souvent, au bout de quelques mois, c’était toute la coopérative qui manquait de riz, y compris dans le district modèle de Tram Kak au Sud-Ouest. Et dans bien des cas, la sous-alimentation ou l’hostilité à l’alimentation collective engendra des troubles sous forme de fuites, de vols, voire de manifestations et de soulèvements [xi] . Six mois après la récolte, au moment de la saison des pluies, les coopératives ne pouvaient plus vraiment être approvisionnées en riz parce que les routes étaient devenues impraticables. Aussi, si certains secteurs en difficulté recevaient de l’aide, celle-ci était insuffisante et la clef du salut devait être cherchée dans l’autosuffisance.

2) La population devait subir les réquisitions étatiques non seulement à des fins de distribution, mais aussi d’accumulation socialiste rapide, d’exportations en échange de biens manufacturés et d’armement, afin de financer la reconstruction et la défense du pays, de stimuler progressivement l’industrie et surtout de soutenir l’effort de guerre. Ce processus s’accrut en 1978. En 1977, les quantités exportées se résumaient à des dizaines de milliers de tonnes (selon Pol Pot en septembre 1977).

3) L’insuffisance des contrôles permit longtemps le détournement de la production locale par de petits chefs, à des fins d’accumulation personnelle ou de trafic.

4) La fidélité politique primait sur les compétences techniques et gestionnaires des anciennes élites, mises à l’écart et victimes d’arrestations ou d’éliminations.

5) Dans le but d’assurer l’égalité, il fut interdit aux anciens citadins, puis vers 1977, aux paysans locaux, de subvenir eux-mêmes à leurs besoins alimentaires. Concrètement, pourtant, cette mesure ne fut pas appliquée partout.

6) Au niveau local, la tendance était de faire œuvre rapide et spectaculaire pour remplir le plan, sans plus, et sans penser au suivi. Cette disposition mentale prêtée aux Cambodgiens ne peut être considérée comme seule en cause, car la tendance à ne plus soigner son travail est courante là où l’Etat planifie la quasi totalité de l’économie. Les communistes considèrent avec optimisme qu’il est possible de forger à l’échelle nationale des hommes désintéressés et dociles prêts à se dévouer totalement à la collectivité, à la patrie, ou aux rêves de quelques puissants. Pourtant, inciter ainsi au travail entraîne souvent un cycle de démobilisation, de résistance passive, de désorganisation, de malfaçon, de sanction, et de mécontentements accrus. La situation s’aggrave lorsqu’il n’est pas donné de contrepartie valable au travail fourni. Or, achever un travail avant l’heure n’était pas forcément récompensé par du repos mais par un supplément de travail. Et au début du régime, lorsque la surveillance était encore faible, les travailleurs s’accordaient des pauses de plusieurs heures, avec la complicité de leur chef de groupe ou d’unité : « Pourquoi s’éreinter au travail ? » rapportait Haing Ngor : « Ils nous donnent exactement la même ration de soupe qu’on en bave ou qu’on se la coule douce ! ». « Si on ne pouvait pas profiter de notre travail, inutile de nous crever à la tâche ». « On économisait notre énergie » [xii]. « Chaque prétexte d’interrompre un travail était le bienvenu » rapporte une travailleuse d’un groupe mobile [xiii]. Pin Yathay indiquait que les travailleurs les plus laborieux n’étaient pas récompensés pour leurs efforts. Aussi, dès que les « Khmers rouges » « avaient le dos tourné », les gens se « planquaient » et « chacun essayait de prendre un peu de repos. Le rendement souffrait de ce travail irrégulier et du découragement des citadins ». Yi Tan Kim Pho se souvient qu’en 1975, « on pouvait même parfois échapper à la surveillance et prendre un peu de repos ». Il est probable que le gouvernement ait vu dans l’instauration de l’alimentation en commun un encouragement à travailler pour la communauté. Mais ce bouleversement des habitudes n’améliorait pas toujours l’alimentation ni non plus le moral des travailleurs. Après l’instauration d’un régime communautaire à Leach, « personne, bénévolement, ne voulait élever des animaux ou planter des légumes pour la communauté », car « on n’en tirait plus aucun bénéfice ». Pho signale aussi que les bêtes, « si choyées autrefois », offraient, une fois confisquées aux anciens, « un spectacle désolant. Depuis qu’elles sont devenues bien collectif, elles semblent n’avoir plus reçu de soins et si peu de nourriture (…) Elles passent en réalité d’une rizière à l’autre, de mains en mains, travaillant sans répit aucun, sans souci de leur fatigue et de leur nourriture » [xiv] . Un réfugié de Reamsenal ( ?), à l’Ouest du Cambodge, d’abord satisfait que les communistes aient supprimé la rente à verser au propriétaire foncier (10 % des récoltes de l’année), rapportait en 1977 ce qui était advenu au cours de la première année de la révolution : la population faisait des efforts dans son travail, « mais alors les communistes nous prirent la moitié de la récolte, et nous comprenions que même en travaillant dur, nous n’aurions toujours que nos deux bols de brouet de riz par jour. Aussi, bien que l’on faisait d’habitude attention à notre façon de labourer, pour ne pas perdre de terrain, en labourant par rangées serrées, l’année dernière, personne ne fit plus attention (...) Il n’y avait rien pour tuer les mauvaises herbes, et les digues se cassaient » [xv]. Les cadres de l’Organisation finirent donc par attribuer des normes de travail par groupe, voire par individu [xvi] et par recourir à la répression, ce qui, comme dans d’autres pays communistes, accrut davantage l’hostilité et la passivité [xvii]. A la fin du régime, les affamés n’étaient pas pour autant dissuadés de se constituer, la nuit, en bandes de voleurs, comme le raconte Haing Ngor, dans Une odyssée cambodgienne.

En nous intéressant au problème de l’effondrement politique et humain du régime du Kampuchéa Démocratique, nous avons voulu éviter deux écueils du confort intellectuel : penser que tout est « la faute à Rousseau », un travers idéaliste donnant trop d’importance à l’action des « grands » hommes, et penser que tout est la faute aux tares ou aux sots. Car pour fréquentes que soient un certain type d’explications psychologiques ou pseudo-sociologiques, celles-ci échouent à cerner l’origine complexe, à la fois rationnelle et passionnelle, des mesures radicales envisagées et des extrémités commises. D’autre part, s’il apparaît que Rousseau fut passionnément lu par Pol Pot et apprécié par Khieu Samphan et Ieng Sary, et que ceux-ci se sont imprégnés de tout un courantde pensée, le passage des idées à la pratique s’encombre de méthodes qui ne répondent pas forcément aux projets de vieux philosophes, lesquels, d’ailleurs, n’intègrent pas toujours à leurs réflexionsle poids de certains comportements humains.

Janvier 2004

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[i] De nombreux slogans entendus par les survivants ont été compilés en khmer par Henri Locard , dans Le «Petit Livre Rouge» de PolPot ou Les paroles de l’Angkar, L’Harmattan, 1996. Dans les documents officiels, lire Tung Padévat (Drapeau Révolutionnaire) numéro spécial dec.-janv. 1975-1976, p.63-67sq. et n°7 juillet 1976, pp.1-5.

[ii] Serge Thion , « Should Pol Pot sit alone in Trial » ,Le Temps Irréparable, 3 juillet 1997, http://aaargh.vho.org/fran/revu/TI97/TI970627.html.

[iii] « Speech by Pol Pot », SWB of BBC, 4 October 1977, C2/4.

[iv] Staline , Des principes du léninisme, éditions sociales, 1945, p.15.

[v] Marie.-Alexandrine Martin l’avait perçu en interrogeant les réfugiés (op. cit., pp.202-3, paragraphe « Les débordements de la base »).

[vi] Télégramme envoyé du Nord en avril 1978 à Pol Pot, Nuon Chea, Ieng Sary, Vorn Vet à l’Office 870 (Searching for the Truth, N°2, February 2000, p.26).

[vii] Vickery , Cambodia 1975-1982, p.118, rééd. p.126 (témoignage concernantKbal Choeu Pok, secteur 7, Nord-Ouest).

[viii] Ida Simon-Barouh et Yi Tan Kim Pho, op. cit., pp.131-132.

[ix] Kèn Khun, De la dictature…, p.45.

[x] Ong Thong Hoeung, Illusions perdues, version inédite de septembre 2001, p.70.

[xi] Kiernan, Le Génocide ..., 1998, p.216 sq. Synthèse des confessions de Kae Keum Huot, du secteur 7, par Steve Heder .

[xii] Carol Wagner, Soul Survivors, Stories of women and children in Cambodia, Creative Arts Book Company, Berkeley, California, 2002, p.38. Haing Ngor, op. cit., pp.115, 144, 184.

[xiii] Ong Thong Hoeung, Illusions perdues, version inédite de septembre 2001, récit de Theanie, p.110.

[xiv] Pin Yathay, op. cit., 1980, pp.150, 289. Ida Simon-Barouh et Yi Tan Kim Pho, op. cit.,pp.45, 121.

[xv] David Andelman, « Refugees Depict Grim Cambodia Beset by Hunger », N.Y.Times, May 2, 1977.

[xvi] Marie-Alexandrine Martin, « La riziculture... », p.21 (un hectare à repiquer pour 10 à 20 personnes). Pourles normes individuelles dans le Sud-Ouest, Ben Kiernan Le génocide au Cambodge, pp.205, 214, 219. Nuance page 207 : (lors de la construction d’un barrage, lorsqu’un travailleuravait transporté ses deux mètres cubes et demi de terres par jour, il devait aider les autres membres). D’après Yasuko Naito, 10 femmes devaient ramasser 10 tonnes par jour de bouses (Tribunal Populaire révolutionnaire, août 1979, p.110). « Testimonies », in Kiernan & Boua, Peasants and Politics…, pp.348, 351, 356 (trois mètres cubes de terre à transporter, un sixième d’hectares de forêt à éclaircir).

[xvii] Gábor Tamás Rittersporn, Simplifications staliniennes et complications soviétiques, tensions sociales et conflits politiques en URSS (1933-1953), éd. des archives contemporaines, 1988, p.58.

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