Introduction du "Kampuchéa des "Khmers rouges"..."" (2) (18 à 25, notes)
[ii] L’analyse de la thèse de Khieu Samphan a été amorcée par des chercheurs anglo-saxons (Karl D. Jackson, William Shawcross), mais à travers la traduction et l’introduction qu’en fit Laura Summers. Nous commenterons également les thèses de Hou Yuon, Phung Ton, et Hu Nim.
[iii] Notre avis sur les communistes était que derrière leur vision idéaliste se cachait toujours la face d’une bureaucratie profondément réactionnaire puisqu’elle concentrait tout le pouvoir politique et économique, et donc les moyens de survie d’une opposition potentielle, au sommet d’un pouvoir plus absolu qu’une monarchie. Nous nous étions toujours demandé, sans avoir lu le Capital – ne serait-ce que le chapitre XXXII – pourquoi Marx critiquait les effets de la concentration des moyens de production capitalistes tout en voyant dans l’aboutissement ultime de cette concentration un idéal de société – ce qui est simplifier sa pensée. Outre une tromperie, le communisme représentait pour nous le bourrage de crânes et l’abjection incompréhensible des prisons et des camps décrits par Vladimir Boukovsky, Armando Valladares, Alexandre Soljenitsyne, Jean Pasqualini, Varlam Chalamov, ou An Myung-chul pour la Corée du Nord ; l’injustice criante, la misère et le conformisme dénoncés par Victor Kravchenko (J’ai choisi la liberté), Hedrick Smith (Les Russes), ou Fernando Arrabal (Lettre à Fidel Castro) ; le manichéisme du raisonnement et l’insulte faite aux hommes de vouloir les tenir par la main comme des gamins (cf. Alexis de Tocqueville, Pierre Proudhon, Albert Camus, Adolphe Franck, Eugen Richter ou Thierry Maulnier); et enfin le cœur de chien des dirigeants et le cynisme plutôt que les tripes des théoriciens et des activistes communistes dépeints dans Les Mains Sales de Jean-Paul Sartre, Les Démons de Fiodor Dostoïevsky, Le Zéro et l’Infini et Les militants d’Arthur Kœstler, La Décision de Bertold Brecht, et Le Testament de Sartre de Michel-Antoine Burnier. Tout autant d’éléments attisant le ressentiment de notre regretté père, Jacob Sher, ayant vécu son enfance et son adolescence en Lituanie et en Union Soviétique, grand lecteur et passionné de politique, qui défendait dans ses écrits l’extension de la propriété et de la démocratie dans tous les cercles de la société à commencer par le monde du travail, dans un but de liberté, de dignité et de prise de responsabilité (Voir le site http://www.chez.com/ergonisme).
[iv] M.-A. Martin, « La riziculture et la maîtrise de l’eau dans le Kampuchéa démocratique », « L’industrie dans le Kampuchéa démocratique », « La politique alimentaire des Khmers rouges », et « Le problème des transports sous le régime des Khmers rouges », Etudes Rurales, numéros 83 de juil.-sept. 1981, 89-91 de janv.-sept. 1983, 99-100 de juil.-déc. 1985, et 103-104 de juil-déc. 1986.
[v] Westerly, December 1976, ou Kiernan et Boua, Peasants and Politics in Kampuchea, 1942-1981, M. E. Sharpe Inc., NY, 1982, pp.89-113.
[vi] Lettre de Noam Chomsky à Malcolm Caldwell, 4 mars 1978, parue sans autorisation dans le journal danois Informationen, 25 avril 1978 (?), (traduction dans les archives d’Espace-Cambodge).
[vii] Heder précise qu’il améliorerait ses traductions aujourd’hui grâce à une meilleure connaissance de la littérature stalinienne et l’aide d’un dictionnaire. Il laissait néanmoins apparaître les mots khmers en cas de difficulté importante. Heder a également traduit certains articles de Jeunesse Révolutionnaire.
[viii] David Chandler, The Tragedy of Cambodian History, Politics, War and Revolution since 1945, Yale University Press, New Haven and London, 1991, p.219.
[ix] Chapitre « Dictature du prolétariat » des Principes du léninisme de Staline, éditions sociales, 1945.
[x] Vickery le signale dans Cambodia 1975-1982, p.36 et Ong Thong Hoeung, dans Asie-Débat 5, p.123 ou Illusions perdues, version inédite de septembre 2001, p.189. Un poème de Chum Ngoeun intitulé « le 20 mai » (date de la journée de la haine organisée par la République Populaire du Kampuchéa) est repris dans Searching for the Truth, N°5, May 2000, p.49, et accuse aussi les Polpotistes bestiaux d’avoir voulu donner la terre cambodgienne à la Chine.
[xi] Ponchaud, « Cambodge libéré », Echange France-Asie, dossier n°13, janvier 1976, p.17.
[xii] Tribunal Populaire révolutionnaire tenu à Phnom Penh, août 1979, p.26. Détail sur le président du Tribunal, Keo Chanda, donné par Ong Thong Hoeung, « Le 30 novembre, je quittai Phnom Penh précipitamment… », Asie-débat 5, affaires cambodgiennes 1979-1989, l’Harmattan, 1989, p.124. Marie-Alexandrine Martin rapporte, elle, que des bulldozers ont servi à « fermer rapidement les fosses pleines de cadavres » en 1978, lorsque fut massacrée une grande partie de la population de l’Est du Mékong, (« Le problème des transports sous le régime des Khmers rouges », Etudes rurales, juil.-déc. 1986, n°103-104, p.212). Des Cambodgiens ont donc pu voir ces scènes et y ajouter leur interprétation personnelle. Peut-être est-ce aussi par déformation du témoignage d’un bonze aux audiences du tribunal (p.93) qui évoquait une pagode fermée, puis, sans lien apparent, des personnes enterrées vivantes sous une couche de balle de riz pour être brûlées et transformées en engrais, que Condominas et Pottier ont été amenés à parler de « fours crématoires installés dans des pagodes désaffectées » (Les réfugiés originaires de l’Asie du Sud-Est, arrière-plan historique et culturel, les motivations de départ, rapport au Président de la République par une équipe du CEDRASEMI, Documentation Française, 1982, p.119). Ang Choulean attribuait aussi à un four des cendres retrouvées au Wat Onnalom (« Le régime khmer rouge » in Les réfugiés originaires de l’Asie du Sud-Est, monographies présentées par le CEDRASEMI du C.N.R.S. et de l’E.H.E.S.S., mai 1984, collection des rapports officiels, pp.116-7). Des fours existaient sans doute puisque le Parti les prévoyait pour confectionner des briques, des tuiles, des jarres et des vases, mais aucun spécialiste n’a retrouvé la trace écrite d’un tel mode d’exécution.
[xiii] Pou Saveros, Guirlande de cpap, Cpap Dunman, strophes 32, 33 : « Vos corps seront dépecés, morcelés au milieu de brûlantes douleurs : le contact des épines de fer vous transpercera partout »…
[xiv] O.N.U. Conseil Economique et Social, Commission des Droits de l’Homme, E/CN.4/1343, p.8. L’histoire des massacres de jeunes filles est située à Nimit près de Sisophon dans les Nouvelles du Kampuchéa Démocratique de février 1979.
[xv] « Looking Back at Cambodia », Westerly, December 1976 (publié dans Kiernan & Boua, Peasants and Politics, p.96). Michael Vickery nous a précisé l’avoir entendu de la bouche de l’ambassadeur de Sihanouk au Laos en 1965. Les forces royales s’en étaient pris aux bébés après avoir tué tous les adultes d’un village rebelle de Battambang (Communication personnelle du 22 juin 2002).
[xvi] Phillip Knightley, « The disinformation campaign », The Guardian, 24 October 2001, The First Casualty, : the War Correspondent As Hero and Myth-maker from the Crimea to Kosovo, London, Prion, 2000, p.88.
[xvii] J.-F. Revel, Mémoires, Le voleur dans la maison vide, Plon, 1997, p.550. Marie-Alexandrine Martin, Le mal cambodgien, Hachette, 1989, pp.180, 293.
[xviii] Sur Douglas Pike, Gavan McCormack mentionne Saint-Louis Dispatch, Nov. 29, 1979, et Christian Science Monitor, Dec. 4, 1979. Kampuchea : A Demographic Catastrophe, CIA, 1980.
[xix] Comme sur l’île de Koh Khsach Tunlea de la province de Kandal, alors que leurs maris étaient sur l’île de Koh Kor (Searching for the Truth, N°4, April 2000, pp.46-48, n°5, May 2000, pp.42-48). Laurence Picq mentionne aussi l’existence d’un « district des veuves » au Nord-Est de Phnom Penh, (version dactylographiée de son témoignage, p.81).
[xx] Cambodge année zéro, réédition Kailash, 1998, p.76.
[xxi] Haing Ngor signalait seulement avoir reconnu en avril 1975 « à ses cheveux longs » le cadavre d’un chanteur célèbre (Une odyssée cambodgienne, éd. Fixot, 1988, traduit de l’américain, p.79).
[xxii] Someth May, Cambodian Witness, James Fenton editor, faber & faber, 1986, London, pp.103, 111, 129, 147, 153, 211, 216.
[xxiii] Ida Simon-Barouh et Yi Tan Kim Pho, Le Cambodge des Khmers rouges, chronique de la vie quotidienne, l’Harmattan, 1990, pp.14, 34-5, 77, 103, 104.
[xxiv] L’utopie meurtrière, Robert Laffont / Opéra Mundi, 1980, pp. 95, 179-181, 275, 283, 308.
[xxv] Haing Ngor, A Cambodian Odyssey, N.Y., 1987, p. 159. Ong Thong Hoeung, Illusions perdues, version inédite de septembre 2001, pp.11, 55, 61, 95. Entretien du 2 février 2002.
[xxvi] Haing Ngor, Une odyssée cambodgienne, 1988, p.168. Entretien avec Chuth Khay, 12 mars 2002.