Lexique (2) (Le Kampuchéa des "Khmers rouges"..., pp.295-299)
Des notices biographiques sur chacun de ces personnages sont disponibles sur : http://ice.prohosting.com/ssher/kkrnotices.html
B-1 : code désignant le Ministère des Affaires Etrangères (de bâratéh, « étranger »).
K.D. : abréviation que nous adoptons pour Kampuchéa Démocratique, la dénomination portée par l’Etat révolutionnaire (nous adoptons la retranscription conforme à la prononciation française habituelle de Kampuchea).
Livre Noir : Livre Noir, faits et preuves des actes d’agression et d’annexion du Vietnam contre le Kampuchea, Ministère des Affaires Etrangères du Kampuchéa Démocratique, septembre 1978, reproduction par les Editions du Centenaire, 24, rue Philippe-de-Girard, Paris, 86 p. Document présentant le point de vue du K.D. sur le conflit qui l’opposait au Vietnam.
P.T.K. et P.C.K. : Parti des Travailleurs du Kampuchéa et Parti Communiste du Kampuchéa. Désignations du Parti clandestin entre 1960 et 1966 puis à partir de 1966. Le dernier nom fut officiellement approuvé par un congrès du Parti en juillet 1971.
Pracheachun chah, ou mulothan [x] (Peuple ancien, vétéran, ou de base) : dans le langage des révolutionnaires, population vivant dans les zones du front anti-Lon-Nol. avant leur victoire totale. L’adjectif « ancien » est à prendre au sens de « vétéran », comme « ancien élève ». Le terme mulothan est formé de mul, qui signifie la base, la racine, l’origine. Le peuple de base est le support politique des révolutionnaires, mais aussi, dans un sens social, la population démunie, les paysans pauvres et moyens pauvres. Comme au Nord-Vietnam, les paysans pauvres étaient également appelés les « racines » (reuh-kaev = racines principales, origines) [xi].
Pracheachun Thmey (« Peuple nouveau », dit aussi du « 17 avril » ) : population sous administration « républicaine » au moment de la victoire « révolutionnaire » du 17 avril, et composée surtout de citadins et de paysans ayant fui les bombes américaines et la collectivisation. Tous étaient des nouveaux venus dans les coopératives après avril 1975. Selon le Parti, cette catégorie de population devait être gagnée à la cause de la révolution, tout en étant affectée à des tâches non stratégiques.
[i] Summary of World Broadcasts, Part 3, The Far East, BBC, 30 septembre 1977.
[ii] Une autre, de la même promotion étant Saveros Pou.
[iii] Steve Heder, Pol Pot and Khieu Samphan , Centre of Southeast Asian Studies, Monash University, Clayton 3168 Australia, 1991, p.9-10 où sont analysées des minutes du Comité Permanent (Kong Sophâl et Ta Keu n’étaient pas identifiés comme une même personne). Ces analyses sont reprises par Heder et agrandies de renseignement tirés d’entretiens avec Nuon Chea et Ieng Sary, et d’une autobiographie de Nuon Chea, dans Documentary Evidence..., p.25 et Heder & Tittemore, Seven Candidates for Prosecution : Accountability for the Crimes of the Khmer Rouge, June 2001, pp.43-45. Timothy Carney a établi un organigramme du K.D. (« Organization of Power », in K. D. Jackson, Rendezvous with Death, pp.102-107), mais en tentant de donner la liste des membres du Comité Central, à partir de la confession de Vorn Vet, prend pour des membres du vrai Comité Central des membres d’un Comité Central fictif traître (information personnelle de Steve Heder, 29 juin 1999).
[iv] Summary of World Broadcasts, Part 3, The Far East, BBC, 30 septembre 1977.
[v] Steve Heder, Documentary Evidence...., May 1999, p.28 ou Searching for the Truth, N°3, March 2000, p.34. Communication personnelle de Suong Sikœun.
[vi] S.W.B., Part 3, The Far East, BBC, radio Pyongyang, 5 et 7 oct. 1977
[vii] Steve Heder, Documentary Evidence..., pp.27-28. Heder & Tittemore, op. cit., p.46. Dans Searching for the Truth, N°2, February 2000, p.41, Heder cite un 6e personnage, Koe, alias Kong Sophâl, qui allait être arrêté en décembre.
[viii] Steve Heder, From Pol Pot to Pen Sovan To The Villages, Bangkok, mai 1980, p.9. Sur les propriétaires fonciers, Nguyen Thanh Son, Exposé relatif à la révolution khmère au 1er congrès des cadres du Cambodge en 1950, Archives du SHAT à Vincennes, 10 H 5588.
[ix] Steve Heder, Documentary Evidence..., p.24, note 87, et diverses communications personnelles de Steve Heder (dont 23 septembre 2000, 1er février 2001). Searching for the Truth, N°1, January 2000, p.13. Les secrétaires de Zone étaient identifiés publiquement par la radio les 6, 10, 12, 14 décembre 1977. Sur le fait que les zones autonomes dépendaient directement du centre, voir aussi Kiernan, Le génocide au Cambodge, 1998, p.651, n.204. Comme d’autres, nous préférons employer le terme de secteur là où Kiernan emploie region. Pour les régions autonomes au Vietnam et en Chine, voir William J. Duiker, Historical Dictionnary of Vietnam, The Scarecrow Press, Inc. Metuchen, N.J & London, 1989, pp.164, 184, Bergère, Bianco et Domes, La Chine au XXe siècle, de 1949 à aujourd’hui, Fayard, 1990, pp.289-293.
[x] Nous utilisons la lettre u pour transcrire le son ou, comme dans Duch, ou Sangkum.
[xi] Xuan Phuong, Ao Dai, du couvent des Oiseaux à la jungle du Viêt-minh, Plon, 2001, p.165. Synthèse des confessions de Toch Phoeun alias Phin, par Steve Heder . Alain Daniel, Dictionnaire pratique cambodgien-français, pp.367, 422.
[xii] D. Chandler, Voices from S-21, terror and history in Pol Pot’s secret prison, Silkworm Books, Thailand, 2000, communications personnelles de Steve Heder, et communications des deux chercheurs dans Searching for the Truth, N°2, February 2000, pp.43, 48, N°5, May 2000, p.15, N°10, October 2000, pp.23, 25.