Notices biographiques (R à S) copiées de la thèse de Sacha

Publié le par Sacha Sher

- Rath Samoeun : né en 1930 à Phnom Penh, dans une famille comptant 7 enfants. Lorsqu’il avait vingt ans, ses deux parents étaient déjà décédés. Elève du lycée Sisowath, et étudiant en propédeutique à la faculté de lettres de Paris en 1950, il fut obligé d’interrompre huit mois ses études d’histoire pour soigner une tuberculose osseuse dans un sanatorium à Aine-sur-Adou avant de reprendre des études en propédeutique et en sciences politiques. Membre du P.C.F. et co-fondateur du Cercle d’Etudes Marxistes khmer, il alla au festival mondial de la jeunesse de Berlin-Est en août 1951. Rentré au Cambodge après Saloth Sar pour participer au maquis, il fit partie des Khmers regroupés par les Vietnamiens au Nord-Vietnam en 1954. Il semble avoir suivit l’Ecole Supérieure Nguyên Ai Quôc formant les futurs cadres et effectua plusieurs années de stage en Chine. A la fin du mois de juillet 1970, il montait avec Thiounn Prasith et Chau Seng dans un avion qui les emmenait à Hanoi, et assurait à Prasith que la politique du Parti était à peu près la même que la politique vietnamienne, et qu’il fallait avoir confiance les uns envers les autres. Pressenti comme un des futurs dirigeants du P.C.K., au même titre que Pol Pot ou Ieng Sary, il fut peut-être exécuté par les révolutionnaires en 1973 après son retour, à moins d’avoir péri des suites d’une tuberculose osseuse [1] .

- Reuan (alias So Sareuan) : secrétaire de la division 801 au Nord-Est, et secrétaire adjoint de la Zone Nord-Est. Purgé.

- Ros Chethor (ou Ros Chet Thor) : Elève du lycée Sisowath. Il devint conseiller technique de la revue sihanoukiste Kambuja en septembre 1968. Vice-ministre des Affaires étrangères du GRUNK, membre du Comité de la ville de Phnom Penh où il représentait les écrivains et les journalistes, troisième personnage de la zone révolutionnaire dite Spéciale environnant Phnom Penh en 1972, il fut responsable d’un centre de formation de cadres à l’Ouest du monastère de Srê Andaung (cf. Ith Sarin). Serge Thion l’identifia comme son guide interprète dans le maquis : il avait dirigé le journal Neak Cheat Niyum (le nationaliste), avant de passer au maquis en mars 1971. Thion eut du mal à croire qu’il fut communiste, tant “ il n’était pas prisonnier du jargon, savait apprécier les situations avec un sens critique. Sa sympathie pour les villageois n’avait rien de dogmatique ou d’idolâtre. Homme cultivé, ouvert, tolérant, son nom a disparu après 1975 ” [2]. Il se serait suicidé avant 1975.

- Ros Nhim (ou Ruoh Nheum alias Nhim, Muol Un, Muol Sambath ) : Beau-frère de Sao Phim , il serait issu d’une famille riche de Battambang. Recruté dans une pagode de Battambang par les Vietnamiens pendant la première guerre d’Indochine, passa sans doute un certain temps en Thaïlande (où il aurait été menuisier [3]), entra dans l’appareil militaire Issarak communiste au Nord-Ouest et atteignit une position importante après le départ de son supérieur Sieu Heng en 1954. Cultivateur de riz jusqu’en 1964, il déménagea cinq fois pour éviter les rencontres avec la police et réorganisa le Parti dans la zone Nord-Ouest avec Nuon Chea puis Kœ (Kong Sophal). Pendant la guerre, il dirigea la zone Nord-Ouest avec Koy Thuon. de 1975 à 1978. Après 1975, il fut Secrétaire du Comité du Parti de la Zone Nord-Ouest, et membre suppléant puis titulaire du Comité Permanent du Comité Central, avant d’être arrêté le 11 juin 1978, 8 jours après le suicide de Sao Phim dont il était le beau-frère.

- Sanh Oeurn : Etudiant à l’école préparatoire aux travaux publics (école Eyrolles). Membre du P.C.F. au début des années cinquante, il fit un voyage en Roumanie en 1953. Il est autorisé en 1958 à partir en France pour finir sa troisième année à l’Ecole Spéciale du bâtiment. Devenu ingénieur, il est donné par certains pour mort assez tôt au début des années soixante-dix, mais son ancien camarade Mey Mann assure qu’il fut évacué de Phnom Penh en 1975.

- Sao Phim (ou Sao Pheum alias So Vanna, frère 18 voire 81) : D’origine paysanne, il combattit d’abord dans les rangs de l’Armée Française, avant de la quitter pour le mouvement Khmer Issarak à la fin des années quarante, il devint cadre militaire du Parti en 1954, jusqu’à devenir la figure la plus élevée en matière militaire, après la défection de Sieu Heng en 1959. De 1963 à 1978, il fut membre du Comité Permanent du Comité Central du Parti, et passa un temps considérable au Sud-Vietnam en tant qu’intermédiaire dans les relations avec les Vietnamiens. En 1970, sous le nom de So Vanna il devenait chef adjoint de la direction militaire des F.A.P.L.N.K. dirigées par Pol Pot. Décrit comme un homme très peu commode, il faisait éliminer facilement ses soldats, et fit exécuter après la guerre son chauffeur et son médecin, pour avoir “ commis des erreurs ”. Mais il est difficile de dire s’il “ supervisa ” directement l’élimination de nombreux Chams [4] en tant que Secrétaire du Comité du Parti contrôlant la zone Est et vice-président de l’Assemblée des représentants du peuple. Les Vietnamiens avaient vu en lui un possible remplaçant à Pol Pot [5]. Dans certaines confessions, il est impliqué dans une tentative de coup d’Etat qui aurait rétabli la monnaie, les salaires, les marchés, et les symboles de grades. Le 3 juin 1978, il se suicida pour éviter d’être assassiné par les troupes de Pol Pot venues le chercher, et fut remplacé dans sa zone par Nuon Chea [6] .

- Sarin Chhak : Né le 2 janvier 1922 à Phnom Penh. Licencié en droit avec la mention “ bien ” à la faculté de Phnom Penh en 1963, il obtint son Diplôme d’études supérieures (l’équivalent de la maîtrise actuelle) de science politique à Paris en avril 1964, commença un doctorat de sciences politiques et entama un DES de droit public à l’université d’Aix en Provence. Il est l’auteur d’une thèse de 218 pages sur Les frontières du Cambodge publiée en 1966 aux éditions Dalloz. Directeur du Pavillon du Cambodge à la Cité Universitaire de Paris, ministre des Affaires Etrangères du GRUNK, jusqu’en avril 1976, il est un fervent sihanoukiste pour les uns, ayant des tendances communisantes pour les rapports de renseignements français (dont la source émanait probablement du régime de Lon Nol). Accueilli à Phnom Penh par les autorités du K.D., il montre, malgré son âge, un courage étonnant dans son travail manuel d’arrosage à Phnom Penh. On l’aurait employé à étudier des documents historiques concernant les frontières du Cambodge. Les circonstances de sa disparition restent floues ; on a écrit qu’il avait été détenu par les Vietnamiens après 1979.

- Sien An: élève au lycée Sisowath. Membre de la cellule du P.C.F. de la Maison d’Indochine, il mena des études de statisticien. Avant de rentrer à Phnom Penh, il séjourna deux ans dans un maquis à Kampot, près de la frontière vietnamienne. Représentant du “ gouvernement de la résistance nationale ” à Genève en 1954, pour demander, en vain, à Pham Van Dong que des représentants cambodgiens soient présents à la conférence internationale sur l’Indochine, il travailla pendant cinq ans comme membre de la Commission Internationale de Contrôle des accords de Genève. L’alcoolisme des délégués de l’ambassade soviétique présents à ces réunions aurait donné une mauvaise image de l’U.R.S.S aux membres du Pracheachun. Il fit partie d’une liste de 34 éléments subversifs divulguée par Sihanouk en mars 1963, et fut, sans lien apparent, emprisonné à la fin de l’année. En automne 1966, il fut nommé par Chau Seng directeur d’un magasin d’Etat. Occupant cette fonction, il déclara à un ancien camarade en France être un des chefs du Pracheachun à Phnom Penh (pourtant démantelé en juillet 1962). Exilé à Paris vers 1969, il répéta être opposé à la lutte armée, déclarant que la prétendue subversion qui se développait au Cambodge était une machination de Lon Nol [7] . Son ralliement au GRUNK fut commenté comme une prise de position élevée de sa part. En mai-juin 1974, il accompagnait Khieu Samphan et Ieng Sary en visite dans la zone “ libérée ” du Sud-Vietnam et du Laos. Le poste d’ambassadeur du GRUNK qu’il occupa à Hanoi jusqu’en 1975 lui fut reproché alors qu’il occupait un poste au ministère des Affaires Etrangères, après être déjà passé par un séjour en coopérative. Son arrestation pour tentative de coup d’Etat eut lieu le 29 décembre 1976. Peu avant, Laurence Picq l’avait vu effectuer des allées et venues étranges, sans en souffler mot. Peu après, elle entra dans la pièce qu’il occupait : il y régnait un grand désordre, comme après une lutte. Un de ses fils mourut de maladie et l’autre le renia [8].

- So Nem : Il faisait parti des Khmers roses, ou progressistes mais n’était pas membre du P.C.K.. Peut-être étudiant en France à la fin des années quarante, normalien, instituteur dans la province de Kandal ou à l’Institut Bouddhique, professeur de littérature khmère au Lycée Sisowath vers 1957, député, ministre de l’éducation, vice-président de l’Assemblée Nationale en décembre 1958, secrétaire d’Etat aux cultes et à l’éducation religieuse (1959), secrétaire d’Etat au Commerce (1965), administrateur et trésorier du “ Bulletin du Contre-Gouvernement ” (1966), ministre de la Santé publique en 1967 dans un gouvernement provisoire non dirigé par Lon Nol , il fut arrêté par Sihanouk en 1967 en tant que vice-président ou président de l’Association d’Amitié Khméro-Chinoise. Une personne qui l’appréciait pour sa chaleur et son sérieux et était restée à Phnom Penh, ne sait ce qu’il advint de lui après son arrestation. Une hypothèse est qu’il fut peut-être incarcéré trois ans puis amnistié comme Phouk Chhay et Non Suon. En janvier 1972, présent à Paris, il soutenait le FUNK sans ambiguïté bien que d’une manière restreinte, et était en relation avec le Parti via In Sokan et Ok Sakun. La couverture d’une confession indique qu’un certain So Nem alias So Sat, secrétaire adjoint du secteur 505 a été arrêté le 1er octobre 1975 (une date bien précoce). Le contenu de cette confession permettrait sans doute de recouper ou non les deux identités.

- So Sê : épouse de Pech Bunreth, un chef de département au ministère des Affaires Etrangères ancien ambassadeur du GRUNK en Guinée et en Albanie. Cadre de la région Est native de Chhlong, province de Kratié. Représentante de la Région Est à l’Assemblée du Peuple (fictive), elle cumulait au ministère des Affaires Etrangères (B-1) les postes de Secrétaire de la cellule du Parti et de Chef du Secrétariat. En 1982 elle représentait le K.D. à la Commission Economique et Sociale de l’Asie et du Pacifique (ESCAP).

- Sok Knol (alias Lin ou Peam): fils de petit fonctionnaire. Jeune militant démocrate, il combattit dans le front Issarak. Membre du P.C.F. dans les années cinquante, il continua, après 1954, de combattre dans le mouvement de Son Ngoc Thanh, et mena une attaque contre un village près de Battambang trois jours après les élections de septembre 1955 [9]. En 1956, il dirigeait une cellule clandestine du Parti des Travailleurs à Phnom Penh et aurait suivi jusque vers 1957, des études de tailleur puis de technicien. Il est décrit alors comme un homme strict et peu disert. Dans les années soixante, il enseignait au lycée Kampucheabot. Devenu chef de l’office de la Zone Est et n°3 du Comité de la zone Est derrière Sao Phim et Chan, il fut incarcéré le 23 mai 1978 à S-21, dix jours avant le suicide de Sao Phim.

- Son Sen (alias Khiev, Khieu, Kham, frère 89): Né en 1926 ou 1930 à Huong Hoa, dans la province de Travinh (Sud-Vietnam), le même canton d’où est originaire Ieng Sary. D’origine Khmère Krom (et non sino-khmère comme on l’a écrit), de Son Ny, petit propriétaire terrien (Kiernan) (aisé, selon Ponchaud). Il eut quatre frères et trois sœurs de père ou de mère différents. De santé fragile et portant des lunettes (il en portera toujours) Sen était le premier de sa classe d’élèves-maîtres de 3e moderne à l’Ecole Normale de Phnom Penh (1946-1950). Après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires Franco-Khmère et son brevet élémentaire, il arriva en France en octobre 1950 comme boursier de l’Office des Etudiants Cambodgiens. Elève-maître dans une école normale à Melun en Seine et Marne, où l’exigence devait y être plus grande qu’à l’université, il passa avec la mention “ assez bien ” les deux parties de son baccalauréat en juin 1952 (série moderne) et en juin 1953 (série sciences expérimentales) à la Faculté des Sciences de Paris, et aurait échoué au concours d’entrée à l’Ecole Normale Supérieure (la meilleure école pour les professeurs). De 1953 à 1956, il effectua une licence de philosophie à la Sorbonne. Membre du P.C.F., il semble avoir davantage été préoccupé par les réunions du "cercle d’études marxistes" que par sa réussite scolaire, car son dossier d’étudiant est vide. Sa bourse lui fut retirée en 1955 après qu’il eût patronné un rassemblement d’étudiants gauchistes. Il eut néanmoins l’autorisation de rentrer au pays en avril-mai 1956 et d’enseigner comme professeur au lycée Sisowath et à l’Institut Bouddhique (1957-1959). Devenu directeur d’études ou directeur technique, autrement vice-directeur à l’Institut Pédagogique de Phnom Penh en 1958 il aurait alors adhéré au Sangkum (le Parti de Sihanouk) [10], ce qui lui permit probablement de s’adonner à de la propagande avec moins de risques comme formateur d’instituteurs à l’Institut Pédagogique Nord (la branche Sud formait les professeurs du secondaire). Il fut néanmoins muté directeur d’école dans la province de Takeo. En 1963, après avoir été accusé par Sihanouk d’avoir organisé des manifestations d’étudiants et après s’être caché un an dans la capitale, il prit le maquis. En 1968, il devint chef du Comité Politique de la zone Sud-Ouest et en 1969, membre de l’administration de la zone Nord-Est [11]. Sa connaissance minutieuse des guerres européennes et de la campagne napoléonienne déjouée par les Russes, ainsi que sa vieille amitié avec Saloth Sar, l’amenèrent à s’occuper en première ligne des affaires militaires [12]. Il devint chef d’état-major de “ l’Armée de Libération ”, et supervisa donc la prise de Phnom Penh et l’évacuation des citadins. Vice-premier ministre et ministre de la défense du K.D., membre du Comité Permanent du Comité Central, vice-premier ministre en charge de la Défense Nationale et Président de la Commission de l’Etat-Major Général de l’Armée révolutionnaire Kampuchéenne, Son Sen occupait en octobre 1975 le rang de numéro 6 au Comité Permanent. Il était en effet un des hauts responsables, avec Duch, des activités de S-21 (14 000 détenus signalés dans les registres, presque tous morts). Le 25 mai 1978, après décision de Nuon Chea, de Pol Pot et de lui-même, il lança avec Kæ Pok la purge des cadres de l’Est, soupçonnés d’être des traîtres à la solde du Vietnam. Cette purge dégénéra en déportation et en répression sanglante (100 000 morts). En décembre 1978, après avoir été impliqué dans une tentative de complot dans la confession de Sun Ty alias Teanh, il fut remplacé par Ta Mok au poste de chef de l’Etat-Major Général. Soupçonné d’avoir voulu faire défection en tentant de négocier avec Hun Sen, il fut exécuté, sur ordre de Pol Pot, le 10 juin 1997 avec 14 membres de sa famille.

- (Sou) Met : secrétaire de la division 502 et membre permanent de l’Etat-Major Général.

- Suong Sikœun (alias Kuong): né le 15 décembre 1936 à Chambâk, district de Chlong (province de Kratié) de feu Suong Sak (frappé par une tuberculose osseuse alors que son fils avait 3 mois) et Madame Nou Ren. Fils unique élevé par sa mère, restée veuve jusqu’à sa mort, détentrice d’un hectare de champ et d’un hectare de rizière (soit la catégorie des paysans moyens pauvres selon la classification du K.D., qui manquaient de 3 mois de subsistance, notamment du riz, chaque année). Il fit partie des deux élèves reçus à l’examen du Certificat d’Etudes primaires complémentaires pour toute la province de Kratié et aurait été invariablement premier de la classe au collège Preah Sihanouk à Kompong-Cham et au lycée Sisowath à Phnom Penh, qu’il fréquenta en 1956-1957, inscrit en philosophie. Membre du Parti Démocrate et du Prachea Chalna (Mouvement populaire) de Son Ngoc Thanh en 1955, transporteur de tracts, collaborateur du journal démocrate Nouveau khmer (Khmer thmei), il fut instruit au marxisme-léninisme par Mey Mann au collège Kamputh Both, où enseignaient Saloth Sar et Hou Yuon, puis par Ieng Sary qu’il rencontra au lycée Sisowath en 1957. Devenu membre de l’organisation révolutionnaire clandestine, il s’occupait de la rubrique internationale du journal progressiste Aekapheap (unité), dirigé par Peung Soy puis Sok Lay. Partant pour Paris en octobre 1957, il y passa 13 ans de sa vie. Il suivit d’abord brièvement des cours à l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile à Orly, passa le baccalauréat, étudia l’histoire et la géographie à la Sorbonne, et travailla en 1967 comme assistant au département de géographie du Centre Expérimental de Vincennes, consacrant un mémoire de maîtrise de géographie à l’évolution des structures agraires dans le Sud-Est cambodgien. Les différentes tendances de l’UEK, maoïste (In Sopheap) et orthodoxe (Thiounn Mumm) s’accordèrent pour le nommer président de l’association en 1969. Il se définit comme étant alors un radical pro-soviétique sans être sectaire ni chauvin, d’une tendance proche de Deng Xiaoping en Chine. Il fit plusieurs voyages à Moscou et participa à deux festivals mondiaux de la jeunesse à Vienne et Helsinki. Parti représenter les étudiants de l’UEK au sein du FUNK à Pékin en 1970, il fut officiellement admis au Parti le 30 mars 1971 en présence de Ieng Sary, sans avoir besoin de passer un examen probatoire, puis devint responsable de l’antenne de l’Agence Khmère d’Information à Pékin, chef du bureau d’information et propagande du FUNK jusqu’en 1974, et secrétaire du Comité Central du FUNK. Il quitta Pékin en mai 1974 pour accompagner Khieu Samphan et Ieng Sary en visite dans les zones “ libérées ” du Sud-Vietnam et au Laos, avant de travailler dans la banlieue Ouest de Hanoi comme responsable de la rubrique internationale de la voix du FUNK, sous la responsabilité de Ieng Thirith. Il dut notamment décoder les messages venant de l’intérieur du Cambodge. L’équipe de travail comportait une trentaine de Cambodgiens partis à Hanoi en 1954 après la signature des accords de Genève (So Phân, secrétaire de Ieng Sary, Chea Soth alias Chan, speaker). La journée commençait par une heure de travail à la bêche ou d’arrosage avec de l’eau mélangée à de l’urine et des excréments humains et animaux. En février 1975, il repartit dans les zones du FUNK via la piste Hô Chi Minh et fut transporté dans le camp de rééducation B-20 (certainement à Preah Vihear) destiné aux intellectuels venus de l’étranger. Il s’agissait plutôt d’un “ centre d’accueil et d’observation ”, car le travail consistait à déraciner et replanter des troncs de bananiers à l’intérieur du camp. Arrivé à Phnom Penh le 27 mai 1975, il commença par faire des rapports sur les nouvelles diffusées par les radio étrangères, organisa le ministère des Affaires Etrangères avec Keat Chhon, Tun Chot Sirinn et Keo Bori (ingénieur venant de Moscou) dans une maison rose près du Palais Royal. En juillet, le siège du ministère dit B-1 fut transféré dans l’ancien siège de la Présidence du Conseil. Sikœun fut exempté de séjour à la campagne, comme Keat Chhon et In Sopheap. A B-1, il fut chef adjoint du Protocole, chef adjoint du département de Politique Générale, directeur général de l’Agence d’Information du Kampuchéa, du Département Europe, et à partir de juin 1977, directeur général du Département de Presse et d’Information, devenant ainsi le seul des intellectuels revenus de l’étranger à tenir la direction d’un Département. Son temps de travail était consacré à accueillir des délégations européennes, superviser des traductions à destination de l’étranger, écouter les radios étrangères (la voix de l’Amérique, la Voix de l’Australie et Radio France Internationale), servir d’interprète, élaborer l’émission en langues étrangères de la Voix du K.D., et organiser l’enregistrement et l’écoute collective à B-1 de la rubrique “ éducation politique ” de la voix du K.D., le matin, à 5 heures. Il quitta le maquis en 1996.



[1] Entretien avec Pierre Brocheux du 7 avril 1998 et avec Chau Xeng Ua du 1er janvier 1999. C’est ce dernier qui évoque un décès consécutif à la maladie. La réputation de sa grande envergure circulait alors à Pékin, entretien avec Suong Sikœun, 8 septembre 2000.

[2] Khmers rouges !, Hallier-Albin Michel, 1981, p.96.

[3] In Sopheap, Khieu Samphân, agrandi et réel, 2001-2002, version dactylographiée, p.14.

[4] Elizabeth Becker, Les larmes du Cambodge, p.182. 

[5] Thomas Engelbert, “ les difficultés des communistes vietnamiens ”, op.cit., p.155, à partir de notes non datées d’une conférence de Bui Than Tín, directeur adjoint du journal Quân dôi Nhân dân, parues dans Thu viên quân dôi T 7338.

[6] David Chandler, The Tragedy of Cambodian history, p.296.

[7] Entretien avec Pierre Brocheux du 7 avril 1998.

[8] L. Picq, témoignage dactylographié, pp.193, 197.

[9] Ben Kiernan, How Pol Pot ..., p.172.

[10] William Shawcross, Une tragédie sans importance, Balland, 1979, p.241. Cette information laisse toutefois sceptique Charles Meyer, conseiller de Sihanouk de 1957 à 1970.

[11] Searching for the Truth, N°10, October 2000, p.6. 

[12] E. Becker, When the war was over, p.212, d’après une interview de Son Sen par Steve Heder en 1980.

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